Gaëlle Nikolova

5 octobre 2008

Séraphine de Martin Provost

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Dans une des ses interviews, Martin Provost appréciait que l’on compare son film Séraphine à un tableau. Pour moi, ce serait un tableau impressionniste, on découvre par petites touches le monde dans lequel se sont rencontrés Séraphine Louis, officiellement bonne à tout faire pieuse et un peu bizarre, officieusement peintre, et Wilhelm Uhde, critique et marchand d’art d’origine allemande venu se réfugier à Senlis en ces temps troublés de la 1ère guerre mondiale.

Yolande Moreau incarne Séraphine sans caricaturer et réussit même à nous faire sentir le contact physique que devait avoir l’artiste avec ses peintures. Dans le film, Wilhelm Uhde précise qu’il préfère qu’on appelle son genre de peinture “primitif moderne” plutôt que “naïf”. C’est vrai que la démarche de Séraphine est un retour aux sources : elle collecte ses pigments dans la nature comme une chercheuse de trésors, elle peint les arbres et les fleurs avec force et générosité, elle fait passer sa passion pour la peinture avant son confort personnel et les moqueries. Ni son contexte familial d’orpheline ni son statut social de servante ne peuvent expliquer son inspiration.

Cette passion pour l’art rend possible son amitié avec le cultivé Wilhelm Uhde qui “ne collectionne pas pour vendre mais vend pour collectionner”. Le soutien que le critique d’art apporte à la peintre semble avoir aidé cette dernière à s’épanouir, l’évolution de sa peinture est frappante : des petits panneaux en bois où quelques couleurs étincèlent aux toiles luxuriantes de 2 mètres .

Par ailleurs plusieurs scènes du film m’ont rappelé des tableaux : le reflet de la lune dans la rivière, Magritte; les femmes au lavoir, Toulouse Lautrec; Seraphine se baignant, Bonnard…

Site officiel du film :

http://www.seraphine-lefilm.com/

24 février 2008

L’île de Pavel Lounguine

Classé dans : Cinema — Zarael @ 0:02

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Un jeune marin russe capturé par des soldats nazis panique face à la mort. Pour sauver sa vie, il commet l’irréparable et réalise à ce moment là son erreur.

Des années plus tard, toujours sur cette île perdue de la mer blanche, l’homme, devenu moine orthodoxe, oscille entre le fou, le mystique et l’âme damné. Il cherche à expier sa faute en multipliant les pénitences mais ses prophéties et ses guérisons perturbent et intriguent les autres moines.

Esthétiquement, l’ombre recourbée du moine avançant nerveusement entre ciel et neige rappelle le Nosferatu de Murnau avec cet aspect à la fois inquiétant et comique. Mais derrière cette apparence naïve, sauvage et parfois brutale, Anatoli pousse à l’extrême sa quête de rédemption.

Ce film étonnant a été sélectionné aux festivals de Toronto et de Sundance.

Je vous conseille de le voir sur grand écran pour profiter pleinement de la beauté des images.

11 février 2008

Telepolis (la Antena) de Esteban Sapir

Classé dans : Cinema — Zarael @ 2:24

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En découvrant la bande-annonce du magnifique film de Esteban Sapir, je me suis étonnée que seules 9 salles en France aient choisi de le montrer.

La réponse se trouve probablement dans le film lui-même qui d’une part dénonce l’utilisation excessive de l’impact de l’image pour manipuler les esprits et d’autre part rappelle l’importance existentielle (alimentos TV) de penser par soi-même.

Contrairement à d’autres films sortis au même moment dans 300 salles, telepolis n’a pas utilisé d’”attrapes mouches” publicitaires pour en faire LA sortie cinema incontournable de la semaine. Le film ne correspond pas aux critères actuels du film à succès : Esteban Sapir ose l’écran noir et le silence, il raconte une histoire où le spectateur a le temps de penser tout en s’emerveillant.

Dans cette oeuvre quasiment muette, la musique accompagne le spectateur à la découverte d’un monde rempli de symboles. Le graphisme des images et les textes rapprochent beaucoup le film de la bande dessinée.

Telepolis s’inscrit dans la lignée artistique de Georges Meliès, des surréalistes, des expressionnistes allemands et du cinema fantastique de Fritz Lang à Terry Gilliam ou Alex Proyas en y ajoutant une touche argentine caliente.

Pour se faire une idée par soi même, voici l’adresse du site officiel du film :

http://www.kmbofilms.com/TelepolisSynopsis.html

31 juillet 2007

Persepolis de Marjane Satrapi

Classé dans : Cinema — Zarael @ 15:58

Marjane Satrapi

Félix Vallotton

A travers ce dessin animé tiré de sa bande dessinée autobiographique, Marjane Satrapi apparait comme la digne héritière de Félix Vallotton.

A tel point que je me permets de réutiliser ces quelques phrases tirées de la Préface au catalogue de l’exposition de Félix Vallotton, Galerie Druet, Paris, 10-22 janvier 1910 pour les attribuer à Marjane Satrapi :

Comme l’a écrit Octave Mirbeau, Félix Vallotton ” n’est point un “idéologue”, au sens fâcheux que nous donnons à ce mot, et il ne se dessèche pas l’âme dans les théories, lesquelles sont, en général, la revanche des impuissants, des vaniteux et des sots. Comme ceux qui ont beaucoup vu, beaucoup lu, beaucoup réfléchi, il est pessimiste. Mais ce pessimisme n’a rien d’agressif, rien d’arbitrairement négateur. Cet homme juste ne veut pas se leurrer dans le pire, comme d’autres dans le mieux, et il cherche en toutes choses, de bonne foi, la vérité ” .

Heureusement, malgré les évènements douloureux de sa vie, Marjane a su garder son humour (parfois noir) et son bon sens. Elle n’est pas une victime mais une personne qui compte bien être traitée en tant que telle.

Tandis que Vallotton défendait l’anarchisme, la petite Marjane croit au communiste. Mais elle réalise chaque jour davantage à quel point la réalité est loin de son idéal. Le prix pour défendre ses idées est encore plus élevé sous la république islamique Iranienne que sous le règne du Chah.

Pour échapper à la répression et à la guerre avec l’Irak, Marjane n’a bientôt plus d’autre choix que l’exil en Europe.

Bien que ce récit soit autobiographique, le graphisme épuré et le choix du noir et blanc transforment l’histoire en conte à portée universelle. Sans doute, l’un des meilleurs moyens d’aborder un sujet aussi dur.

Marjane Satrapi comme Félix Vallotton tentent de donner une expression artistique à leur perception de la guerre.

A propos de Verdun, Félix Vallotton écrit : ” Que représenter dans tout cela ? (…) Dessiner ou peindre des ‘forces’ serait bien plus profondément vrai qu’en reproduire les effets matériels, mais ces ‘forces’ n’ont pas de forme, et de couleur encore moins. ”

Marjane Satrapi explique : “L’abstraction du dessin permet à chacun de s’identifier. Quant au noir et blanc, j’adore cette esthétique. Pour moi, la couleur a quelque chose de vulgaire.”

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22 avril 2007

Un de mes tableaux dans Love & other disasters !

Classé dans : Cinema, Exposition 2005 — Zarael @ 13:03

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Le 25 avril sort enfin Love & Other disasters, comédie de Alek keshishian où apparait un de mes tableaux dans la vitrine d’une célèbre maison de ventes aux enchères.

Mon tableau ayant été sélectionné au mois d’août 2005 lors de ma 1ère exposition à Londres, je commençais sérieusement à m’impatienter. Mais après presque 2 ans d’attente, je suis contente de mes 2 secondes d’apparition dans ce film !

Brittany Murphy y joue une jeune assistante de la rédaction de Vogue à Londres qui rêve de rencontrer le prince charmant. Cette histoire très classique est relevée par un humour très “british”, des acteurs sympathiques et un cadre glamour.

Sans prétention et pas mal du tout !

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