Gaëlle Nikolova

31 juillet 2007

Persepolis de Marjane Satrapi

Classé dans : Cinema — Zarael @ 15:58

Marjane Satrapi

Félix Vallotton

A travers ce dessin animé tiré de sa bande dessinée autobiographique, Marjane Satrapi apparait comme la digne héritière de Félix Vallotton.

A tel point que je me permets de réutiliser ces quelques phrases tirées de la Préface au catalogue de l’exposition de Félix Vallotton, Galerie Druet, Paris, 10-22 janvier 1910 pour les attribuer à Marjane Satrapi :

Comme l’a écrit Octave Mirbeau, Félix Vallotton ” n’est point un “idéologue”, au sens fâcheux que nous donnons à ce mot, et il ne se dessèche pas l’âme dans les théories, lesquelles sont, en général, la revanche des impuissants, des vaniteux et des sots. Comme ceux qui ont beaucoup vu, beaucoup lu, beaucoup réfléchi, il est pessimiste. Mais ce pessimisme n’a rien d’agressif, rien d’arbitrairement négateur. Cet homme juste ne veut pas se leurrer dans le pire, comme d’autres dans le mieux, et il cherche en toutes choses, de bonne foi, la vérité ” .

Heureusement, malgré les évènements douloureux de sa vie, Marjane a su garder son humour (parfois noir) et son bon sens. Elle n’est pas une victime mais une personne qui compte bien être traitée en tant que telle.

Tandis que Vallotton défendait l’anarchisme, la petite Marjane croit au communiste. Mais elle réalise chaque jour davantage à quel point la réalité est loin de son idéal. Le prix pour défendre ses idées est encore plus élevé sous la république islamique Iranienne que sous le règne du Chah.

Pour échapper à la répression et à la guerre avec l’Irak, Marjane n’a bientôt plus d’autre choix que l’exil en Europe.

Bien que ce récit soit autobiographique, le graphisme épuré et le choix du noir et blanc transforment l’histoire en conte à portée universelle. Sans doute, l’un des meilleurs moyens d’aborder un sujet aussi dur.

Marjane Satrapi comme Félix Vallotton tentent de donner une expression artistique à leur perception de la guerre.

A propos de Verdun, Félix Vallotton écrit : ” Que représenter dans tout cela ? (…) Dessiner ou peindre des ‘forces’ serait bien plus profondément vrai qu’en reproduire les effets matériels, mais ces ‘forces’ n’ont pas de forme, et de couleur encore moins. ”

Marjane Satrapi explique : “L’abstraction du dessin permet à chacun de s’identifier. Quant au noir et blanc, j’adore cette esthétique. Pour moi, la couleur a quelque chose de vulgaire.”

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Burlesque

Classé dans : Modèle vivant — Zarael @ 10:32

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