Gaëlle Nikolova

5 octobre 2008

Séraphine de Martin Provost

Classé dans : Cinema — Zarael @ 23:53

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Dans une des ses interviews, Martin Provost appréciait que l’on compare son film Séraphine à un tableau. Pour moi, ce serait un tableau impressionniste, on découvre par petites touches le monde dans lequel se sont rencontrés Séraphine Louis, officiellement bonne à tout faire pieuse et un peu bizarre, officieusement peintre, et Wilhelm Uhde, critique et marchand d’art d’origine allemande venu se réfugier à Senlis en ces temps troublés de la 1ère guerre mondiale.

Yolande Moreau incarne Séraphine sans caricaturer et réussit même à nous faire sentir le contact physique que devait avoir l’artiste avec ses peintures. Dans le film, Wilhelm Uhde précise qu’il préfère qu’on appelle son genre de peinture “primitif moderne” plutôt que “naïf”. C’est vrai que la démarche de Séraphine est un retour aux sources : elle collecte ses pigments dans la nature comme une chercheuse de trésors, elle peint les arbres et les fleurs avec force et générosité, elle fait passer sa passion pour la peinture avant son confort personnel et les moqueries. Ni son contexte familial d’orpheline ni son statut social de servante ne peuvent expliquer son inspiration.

Cette passion pour l’art rend possible son amitié avec le cultivé Wilhelm Uhde qui “ne collectionne pas pour vendre mais vend pour collectionner”. Le soutien que le critique d’art apporte à la peintre semble avoir aidé cette dernière à s’épanouir, l’évolution de sa peinture est frappante : des petits panneaux en bois où quelques couleurs étincèlent aux toiles luxuriantes de 2 mètres .

Par ailleurs plusieurs scènes du film m’ont rappelé des tableaux : le reflet de la lune dans la rivière, Magritte; les femmes au lavoir, Toulouse Lautrec; Seraphine se baignant, Bonnard…

Site officiel du film :

http://www.seraphine-lefilm.com/

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