Gaëlle Nikolova

3 avril 2011

Exposition d’Odilon Redon au grand Palais

Classé dans : en bazar — Zarael @ 17:48

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Première rétrospective à Paris depuis 1956, cette exposition retrace chronologiquement l’évolution artistique d’Odilon Redon de l’ombre à la lumière.
Né en 1840, il fut élève du peintre Jean-Léon Gérôme et du graveur Rodolphe Bresdin, ami du botaniste Armand Clavaud, des écrivains Joris-Karl Huysmans, Stéphane Mallarmé, Elemir Bourges et des peintres Paul Gauguin, Emile Bernard et Henri Fantin-Latour.

Il commence à se faire connaitre grâce à ses albums de lithographies tirés à peu d’exemplaires : en 1879 Dans le rêve, en 1882 A Edgar Poe, en 1883 les Origines inspiré par la théorie de l’évolution de Charles Darwin,  en 1885 Hommage à Goya accompagné d’un petit texte poétique, en 1886 la Nuit, en 1888 la Tentation de Saint Antoine inspirée par le roman de Gustave Flaubert, en 1889 A Gustave Flaubert et en 1891 Songes son album le plus sombre.

Ces lithographies appelées les “noirs” peuplées de créatures étranges et de monstres révèlent l’imaginaire riche et angoissant de l’artiste.  Même lorsqu’il dédie un album à un écrivain, il ne s’agit pas d’illustration mais d’une interprétation très personnelle de l’univers de l’écrivain. le journaliste Emile Hennequin résume en 1882 l’intérêt de ce travail : “autant que Baudelaire, Odilon Redon mérite le superbe éloge d’avoir créé un frisson nouveau, (…) une originalité absolue”.

Effectivement les symbolistes et les surréalistes le revendiqueront comme source d’inspiration. De même, les illustrations de Max et les Maximonstres de Maurice Sendak en 1963 s’inscrivent dans la parfaite continuité des noirs des Origines d’Odilon Redon (ce qui n’est pas évoqué dans l’exposition).

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A partir de 1900, l’artiste s’épanouit dans la couleur et la simplification des formes inspirée par le japonisme. Son univers est toujours aussi riche et fascinant mais il rayonne, le temps des inquiétudes a laissé place à la joie de l’instant présent.  La nature devient sa première source d’inspiration, particulièrement les bouquets de fleurs. Cette période inspirera les nabis, les fauves et Paul Cézanne.

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